Interview Isabelle Frenay, journaliste santé : conseils pratiques pour vos communiqués de presse

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Cette semaine, nous avons rencontré Isabelle Frenay, journaliste spécialisée en santé et développement personnel. En tant que journaliste, Isabelle reçoit beaucoup de communiqués de presse chaque semaine, elle s’est prêtée au jeu de l’interview et a répondu à nos questions. Découvrez ses astuces sur le fond et sur la forme pour rédiger un bon communiqué de presse, attirer l’oeil des journalistes et susciter des demandes d’interviews.

 

1/ Pouvez-vous vous présenter ?

Isabelle Frenay : Je m’appelle Isabelle Frenay. Je suis journaliste spécialisée santé et développement personnel depuis 15 ans et diplômée de l’IPJ (Institut Pratique de journaliste). J’ai travaillé pour la presse écrite en tant que rédactrice et chef de rubrique santé, bien-être (AFP-Relaxnews, doctissimo, Alternative Santé, 20 minutes, Pleine Vie, Happinez) et audiovisuelle (M6, Cnews, TV5 Monde, France 2). Je suis également sophrologue et utilise les outils de pleine conscience et d’improvisation théâtrale pour accompagner les personnes vers un meilleur équilibre de vie avec une meilleure autonomie. Je suis notamment l’auteur de  » Lâcher prise et oser le changement » (Editions Dangles) et présentatrice de contenus santé sur YouTube https://www.youtube.com/channel/UCxsBZAChtxY4jcCIbH4yGew.

 

2/ Quelles sont vos habitudes de travail en tant que journaliste, comment traitez-vous les informations ?

Isabelle Frenay : Quand c’est nouveau ou d’actualité, je regarde. On est souvent débordé mais on essaie de tout regarder. Je lis selon un ordre de priorité en fonction des urgences (actu chaude). Si une start-up lance un nouveau produit, je vais le consulter et lire le CP pour voir ce que cela peut apporter comme service ou si on est sur une tendance plus large.

Au bout d’un moment, on travaille avec les mêmes professionnels, on a nos interlocuteurs directs en interview et notre propre carnet d’adresses. Suite aux différentes informations reçues et en fonction des médias pour lesquels on travaille, ils connaissent notre sensibilité, une confiance s’installe et nous avons des contacts assez réguliers. Il y a peu, j’écrivais 5 papiers par jour, il faut donc prévoir et avoir un planning en fonction de l’actualité (agenda).

Il y a en effet une actu chaude et une actu froide, c’est important que les gens qui nous écrivent aient cette temporalité en tête et s’y prennent en avance pour envoyer les infos. Par exemple, pour les sorties de livres, je travaillais beaucoup avec les éditeurs et attachés de presse. Il y a énormément d’ouvrages sur le marché en santé, sport et développement personnel. Si je reçois le communiqué la veille de la sortie du livre, cela va peut-être intéresser un magazine ou une télé mais pour une agence de presse c’est trop tard car on doit pouvoir inspirer d’autres médias et parler de l’ouvrage en amont de sa publication. L’idéal est de publier le papier 1 semaine ou 2 avant sa sortie. Il nous faut le temps de regarder ce que l’on choisit, qui on va interviewer et choisir un angle avec les rédacteurs en chef.

Le bon réflexe des personnes qui envoient les communiqués de presse est de se renseigner sur la ligne éditoriale des médias. Le même communiqué ne doit pas forcément être envoyé à des magazines féminins comme ELLE et Sens et Santé par exemple ou à un quotidien comme 20 minutes pour ses pages Vies pratiques.

On échange avec les communicants pour leur dire si on va faire ou pas tel sujet et quels sont les choix. En tant que chef de rubrique chez Relaxnews, je proposais des sujets et faisaient l’objet d’une validation en interne en collaboration avec le rédacteur en chef. Aujourd’hui, j’ai encore beaucoup de liberté sur ce que je choisis de faire ou pas. J’ai une chaine Youtube, une page professionnelle, ce que je décide d’écrire peut émaner d’un communiqué. Sur Linkedin, beaucoup de journalistes vont eux aussi écrire spontanément.

Pour ma part, je suis très friande de ce qui est révélateur de tendances, observer comment la société se transforme et en santé cela va très vite, notamment avec la médecine intégrative et la santé connectée.

 

3/ Combien de communiqués de presse recevez-vous par jour. Comment vous organisez-vous pour analyser tous les communiqués de presse que vous recevez ?

Isabelle Frenay : Je reçois environ une trentaine de communiqués par jour. Comme un citoyen ou un lecteur quand il lit un article, je vais lire un communiqué de presse qui me donne envie, m’inspire. Ensuite, pour évaluer l’intérêt de ce que je reçois, je me base sur 4 points. Tout d’abord, un titre accrocheur et un sujet intéressant vont déterminer “le dérushage”. Le 3ème point, je me demande si c’est le bon moment de traiter ce sujet maintenant. Est-ce que c’est une actualité chaude, si oui c’est une priorité. En santé c’est particulièrement important, il y a des lancements de campagne, des journées mondiales, des décisions du Ministère de la Santé qui demandent d’être traités en amont ou le jour même. Le 4ème point, la nouveauté. Le sujet proposé apporte-t-il quelque chose de nouveau soit pour l’utilisation directe du consommateur (aide, service, etc.. ) ou apprend-on une avancée médicale par exemple. Je suis très vigilante à l’info gadget surtout en santé, bien-être et développement personnel qui surfe exclusivement sur la mode du bien-être. Et enfin, est-ce qu’il y a une histoire derrière le sujet à raconter ?

A noter que les journalistes font de l’information, il nous arrive souvent de remettre dans un contexte de société ou de tendances l’info reçue (sélection de produits, 5 bonnes raisons de …). Lorsque je reçois un communiqué et avec le contenu que j’ai dans la tête ou que j’ai déjà travaillé, il peut faire écho à d’autres choses mais pas forcément au même moment.

 

4/ Comment identifiez-vous et sélectionnez-vous les personnes/entreprises à interviewer ?

Isabelle Frenay : Pour les interviews, lorsqu’un organisme envoie un communiqué, cela peut aider et faire gagner du temps d’avoir des contacts d’experts à interviewer (fondateur, médecins, association, témoignages, sportifs etc..). En ce qui me concerne, j’utilise mon carnet d’adresses et je lance souvent des appels à témoignage. Actuellement je suis en recherche active de paroles de parents confrontés aux modulations de la consommation des écrans avec leurs enfants car j’écris un livre sur les addictions digitales avec un confrère qui sortira en septembre 2019. Je communqiue via ma page professionnelle et les réseaux sociaux, principalement facebook ou les forums suivant les thèmes. Certaines chaînes télé font beaucoup cela pour les invités plateau. Le magazine de la santé fait régulièrement des appels à témoins par exemple. Il y a ensuite un tri à faire avant de prendre contact pour que cela soit bien représentatif et pertinent. Cela n’a pas valeur d’étude mais de témoignages pour illustrer des propos.

Il y a aussi une nouvelle dynamique : les livres et les blogueurs, ce sont de nouvelles sources d’information et d’inspiration pour ne pas toujours donner la parole aux mêmes experts.

Il est rare que le communiqué sur une actualité soit l’unique source du papier. Sauf pour des sujets d’annonce qui peuvent faire l’objet d’une brève ou d’un encadré : par exemple le Ministère de la Santé qui lance une campagne “CSA/écran des enfants”. Je peux faire une sélection de produits avec des informations reçues aujourd’hui et il y a 3 mois par exemple. Tout dépend de l’angle que je choisis. Je garde tous les communiqués que je reçois, je fais des dossiers et je vais piocher dedans au besoin. Si c’est trop vieux, je ne reprends pas l’information, surtout s’il y a eu de nouvelles éditions ou de nouveaux produits depuis.

 

5/ Qu’est ce qui est rédhibitoire dans un communiqué de presse ?

Isabelle Frenay : Les fautes d’orthographes, c’est un fondamental à rappeler. Mais également les fausses informations avec des mauvais chiffres, des choses qui ne sont pas vraies, non vérifiées, ni sourcées. Un manque de précision ou un CP trop long est assez rédhibitoire. Le déjà-vu, qui n’apporte rien de nouveau n’attire plus mon attention. En santé je suis très vigilante, ce qui paraît gadget, je le laisse de côté. Le CP doit respecter les règles de rigueur que l’on applique en tant que journaliste quand on écrit un article.

 

6/ Une astuce ou un conseil pour rédiger un titre impactant et qui va vous inciter à lire le communiqué de presse ?

Isabelle Frenay : Utiliser l’humour, les symboles ou des formule imagées peut très bien fonctionner sans perdre de vue la compréhension immédiate du sujet. Un titre accrocheur doit cependant être court et informatif avant de chercher à faire rire. On peut se baser sur la règle des 5 W pour valider son titre : au moins indiquer le « qui » et le « quoi », éventuellement le « où », quand, pourquoi. Le pourquoi peut être développé dans le communiqué.

Sur la forme, une autre bonne astuce est d’inclure dans le communiqué 2 à 3 visuels publiables pour illustrer le papier (vidéo, photos). On met ensuite le crédit sur la photo. La mise en scène des papiers est aujourd’hui une réalité et une stratégie attractive.

Par ailleurs, le CP, selon le sujet, doit s’appuyer sur des études, des chiffres. Si vous citez des chiffres, il faut impérativement le lien vers la source.
Isabelle prépare également un livre (qui sortira en septembre 2019) avec un confrère addictologue sur les addictions digitales (TV, smartphone, écrans, ordinateurs, tablettes, jeux vidéo) pour les parents et à destination des enfants. L’objectif est d’apporter des clés pour retrouver un équilibre familial dans le monde numérique tout en expliquant les mécanismes sous-jacents de l’addiction. A ce propos, Isabelle recueille des témoignages de parents qui se questionnent sur ce sujet, qui ont mis en place des stratégies qui ont marché ou pas avec leurs enfants (de 3 à 20 ans voire plus).

 

Voici son Appel à témoins lancé sur les réseaux sociaux

ÉCRANS. Quelles sont les règles et/ou astuces que vous avez mis en place pour limiter le temps d’exposition de vos enfants (quels âges) aux écrans (semaine et week-end/ vacances, transports, restaurant,) tablettes, smartphone, ordinateur, télé ?

Merci pour vos témoignages !

 

N’hésitez pas à la contacter directement pour y répondre.

Mail : Isabellefrenay@gmail.com

Page Facebook : Isabelle Frenay Sophrologie

Chaîne Youtube : Isabelle Frenay

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