#Interview Découvrez les conseils de Sophie Belmont, Journaliste qui tient une « Bible » des communiqués de presse reçus et sélectionnés

Une journaliste tient une « Bible » des communiqués de presse reçus et sélectionnés, le plus souvent pour leur pertinence

Retour d’expérience de Sophie Belmont, Journaliste pour l’agence éditoriale Sub verbo, occasion aussi de pointer du doigt les « à ne pas faire » !

Comment vous organisez-vous pour analyser tous les communiqués de presse que vous recevez ?

Je sélectionne avant tout les communiqués de presse selon mon intérêt professionnel, motivé ou non par les commandes de médias. Sélection naturellement d’abord inspirée par mes expertises et mes besoins d’investigation, immédiats ou pas. Je vérifie régulièrement que les données publiques de référencement associées à mon profil collent à mes expertises, sollicitant au besoin leur actualisation auprès de qui de droit. Je peux aussi sélectionner un communiqué de presse pour un besoin non immédiat mais futur ; soit le sujet du communiqué de presse coïncide avec des enquêtes, dossiers ou ouvrages, encore à venir mais déjà commandés, soit il éveille et pique en moi un intérêt jusqu’alors insoupçonné, en particulier lorsqu’il s’agit d’une initiative entrepreneuriale novatrice pour l’économie des usages. Un « luxe » de journaliste en capacité de garder sa liberté de choix pour être pionnier sur un sujet. Il m’arrive aussi plus rarement de transmettre directement un communiqué de presse sans intérêt pour moi mais dont je sais qu’il peut intéresser tel ou tel journaliste de mon réseau. La réception sur ma boîte mails de communiqués de presse très éloignés de mes préoccupations, qui plus est trop longs souvent à défaut de structuration, emporte toutefois un risque de discrédit en termes de manque de rigueur et de sérieux de l’émetteur. Surtout s’il me donne le sentiment que je fais partie d’un envoi collectif, non sélectif et impersonnel.

Après sélection, je classe soigneusement les communiqués de presse par thématiques dans des dossiers datés par semaine, en mentionnant le plus souvent leur origine, leur intérêt et le calendrier éventuellement associé. Pour les communiqués me paraissant les plus essentiels, je note immédiatement les dates à retenir dans mon agenda. Ceux qui m’invitent à me rendre sur un évènement pour le lendemain ou le surlendemain restent très gênants, compte tenu de la gestion de ma charge de travail. Je vérifie alors par deux fois leur pertinence : s’ils sont vraiment importants et que je ne peux modifier mon emploi du temps, je prends de suite attache par téléphone auprès de la personne signalée à titre de contact pour m’assurer que je pourrai recevoir ultérieurement un communiqué de presse post-évènement. Si le communiquant n’a rien prévu de tel, il perdra un journaliste et prendra certainement le soin, à l’avenir, d’anticiper davantage son rétro-planning, un des axes de sa stratégie éditoriale.

Un communiqué de presse reçu peut-il générer immédiatement une idée d’article ?

Il convient de distinguer deux cas. Primo, le sujet ou le thème du communiqué de presse coïncide avec un besoin que j’ai déjà identifié mais encore à venir en termes de « papier » ; je l’anticipe dans mon organisation, sans pour autant, je le concède, avoir systématiquement le réflexe de signifier mon intérêt à moyen ou plus long terme à l’émetteur. Secundo : j’ai seulement et encore assez vaguement le pressentiment que le contenu du communiqué de presse pourrait m’être prochainement utile, devant laisser mûrir et germer l’idée. Dans tous les cas, l’émetteur ne doit pas hésiter, au terme d’un délai raisonnable qu’il se sera fixé, à me relancer plus sûrement par téléphone, un mail glissant facilement sous une pile quotidienne d’autres mails. Cette relance permet aussi à l’émetteur de créer et d’entretenir une relation personnalisée, sans se figurer par erreur qu’il est « tombé à côté de la plaque » ou que son communiqué de presse ne m’a pas intéressée. Et si, d’aventure, je trouve le sujet bon mais la forme du communiqué de presse largement perfectible pour le rendre attractif, je ne me prive pas de le lui faire observer dans un esprit constructif.

Combien de temps consacrez-vous par semaine à la lecture des communiqués de presse reçus ? Avez-vous le temps de tous les lire ? 

Je filtre à minima deux fois par semaine les communiqués de presse reçus. Sélection et classement facilitent dans un deuxième temps la gestion de mon temps de lecture.   Cela dit, fonction des urgences, il peut aussi m’arriver de « zapper » bien involontairement. Aussi, lorsque l’émetteur du communiqué de presse me relance par téléphone, je reprends de suite ma « bible » à mon bureau ou mes mails sur mon mobile, en déplacement. Et s’il m’est impossible de lui préciser sur le champ l’intérêt que je porte au sujet, je lui suggère d’envisager ensemble un autre rendez-vous téléphonique. Je ne me sens jamais harcelée par plusieurs relances téléphoniques mais plutôt gênée de lui avoir fait perdre de son temps.

Comment identifiez-vous et sélectionnez-vous les personnes à interviewer ?

On doit pouvoir trouver, en fin de communiqué de presse, un texte en encadré précisant de manière concise les profils de la ou des personnes susceptibles d’être interviewées. Je peux aussi compléter ce profil par mes propres recherches et/ou par un appel vers la personne identifiée à titre de contact pour faire le relais, en particulier pour fixer un rendez-vous.

 

photo-sophie-belmontA propos de Sophie Belmont – Auteur d’une thèse en droit et anciennement avocate en droit des affaires et de la concurrence, elle a rejoint la presse spécialisée juridique, puis créé en 2009 une agence spécialisée dans la réalisation de contenus presse et digitaux. Elle intervient régulièrement sur des rubriques « Avis d’expert » et « Management », tout en collaborant de longue date avec les médias en prise avec l’actualité internationale des entreprises de toutes tailles et celle de l’ingénierie. Avec, en plus, une passion éditoriale, à la croisée des NTIC et Start-ups : les nouvelles solutions s’inscrivant dans l’économie des usages.

Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/sophie-belmont-a449a722

Site Internet : http://www.agencesubvervo.com

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